La Princetta et le Capitaine

 » Qui serait assez insensé pour mourir sans avoir fait le tour de sa prison ?  » Marguerite Yourcenar, L’oeuvre au noir
Malva, la princetta héritière de Galnicie fuit son royaume et sa famille le jour de son mariage, en compagnie de Filomène, son amie et chambrière. Orféus est un jeune homme maladroit, et c’est le fils du célèbre capitaine Annibal Mac Bott. Malgré ses rêves de voyages et d’océans, une étrange  maladie le clou loin de la mer, dans un quotidien morne et insipide. A la recherche de sa liberté, Malva est projetée dans le vaste monde avec tout ce qu’il a de plus étonnant et de dangereux. Lorsqu’enfin ses aventures la portent vers le capitaine Orféus, ils sont entrainés au-delà du monde connu, vers de tumultueux périples, comme Malva n’en a jamais rencontrés que dans ses livres d’enfant. Là-bas, un autre voyage les attend encore…
La Princetta et le Capitaine est une une odyssée, un récit merveilleux, fabuleux. En latin déjà,fabula, ae signifie histoire, récit d’aventures. C’est ce sens tout particulièrement que j’affectionne car La princetta et le capitaine est avant tout un grand livre d’aventures. Nos héros et leurs compagnons naviguent sur les traces d’Ulysse. Ce roman, c’est aussi une écriture pittoresque, tout se dresse davant nos yeux : les paysages, les citadelles, les maisons, les rues, les personnages, les bêtes étranges… Et c’est une écriture immergeante, bouleverssante. L’alternance des points de vue de Malva et Orféus nous entraine à leur suite : on découvre avec eux, on ressent avec eux, on voyage avec eux, on rit, on exhulte, on chante, on pleure avec eux. Quand arrive la dernière ligne, on est un peu Malva, on est un peu Orféus.
Enfin, on ne peut pas ne pas évoquer l’illustration de couverture de Rébecca Dautremer (chez Hachette), qui nous dessine une princetta merveilleusement belle, et Orféus à bord de leur navire. A l’intérieur du livre, on trouve aussi une carte du monde connu, qui nous invite, à sa façon, au voyage.
C’est ma meilleure amie qui m’a amenée à cet ouvrage, et il faut dire qu’elle a eu bien raison. Je l’ai lu, et j’en ai relu certains passages jusqu’à m’en brûler les yeux, incapable de les lâcher, incapable de quitter le navire pour revenir à la réalité. C’est le genre de livre qui s’inscrit « comme un sceau sur mon coeur ». Je disais tout à l’heure, qu’à la fin du récit, on est un peu Malva, et Orféus, Babilas, Lei, Filomène (à qui j’ai gentiment emprunté le pseudo, puisque ma meilleure amie me surnomme ainsi en pensant à elle) et les autres…, et bien, c’est vrai, après avoir lu encore et encore les derniers mots de l’histoire, on est un peu Malva, on est un peu Orféus, pour toujours.
Quelques extraits : 
 » La Princetta fit tomber sa capuche en arrière, découvrant sa tête de hérisson.
– Je refuse définitivement ce mariage, affirma-t-elle.
– Tu renonces aussi au trône, précisa Filomène.
– Je renonce au trône.
– Tu ne vivras plus jamais dans la Quiétude et l’Harmonie, continua-t-elle d’une voix sévère.
– Je sais.
A chaque mot prononcé, Filomène serrait plus fort les mains de sa maîtresse. Ces paroles, elles les avaient déjà répétées tant et tant de fois dans le secret de l’alcôve… Elles sonnaient comme une ultime prière, comme un serment qu’on récite. »
 » Ce matin-là, pour des raisons fragiles, l’espoir reprenait le dessus dans les cœurs tourmentés des voyageurs »

 

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