Il y a un garçon dans les toilettes des filles, Louis Sachar

Bradley est le petit garçon du fond de la classe, « à la dernière place du dernier rang ». Il n’aime personne et personne ne l’aime, pas même Mme Ebbel, la maîtresse -ou plutôt il déteste tout le monde, et tout le monde le déteste, même Mme Ebbel-, ainsi tout va bien et il peut être méchant avec tout le monde. Ses quelques amis, ce sont les petites figurines qu’il a dans sa chambre, il y a Ronnie la lapine et Bartolomée son amoureux, il y a le kangourou, etc… Et puis un jour arrive Carla, la nouvelle conseillère d’orientation, avec ses chemisiers colorés, et Jeff, un nouveau venu dans la classe, qui est obligé de s’asseoir à la seule place libre, à côté de Bradley.

« – Ca ne me dérange pas d’être à côté de toi, dit Jeff à Bradley.

 – Donne-moi un dollar ou je te crache dessus. » 

Il y a un garçon dans les toilettes des filles se lit très vite, et très facilement, et en plus c’est super rigolo. Ce n’est pourtant pas un livre banal ! En invitant le lecteur à poser un autre regard sur Bradley, ce petit roman invite à poser un nouveau regard sur soi, sur nos peurs, nos colères, nos moments de bonheur, il amène à poser un regard neuf sur les autres et  nos relations avec eux, sur nos relations avec l’enfance qui n’en finit pas de finir et l’adolescence qui nous exhorte à grandir. L’histoire de ce petit garçon isolé rappelle avec sensibilité que la colère naît du sentiment d’exclusion, et que l’autre, c’est toujours un peu « soi ». N’allez pas croire que c’est une histoire tristounette, non, non, au contraire on éclate de rire toutes les trois pages avec les aventures de Bradley ! C’est un petit livre qui amène à sourire, à penser, à rire, à être ému aussi, un peu, et à espérer.

 

 » – Tu ne vas pas me serrer la main ? demanda-t-elle.
– Non, vous êtes trop moche.
Il la contourna et alla s’asseoir à la table ronde. Elle s’assit en face de lui.
– ça me fait plaisir que tu sois venu.
– J’étais bien obligé. Mme Ebbel m’a forcé à venir.
– Quelle que soit la raison, je suis contente que tu sois venu.
– Je voulais aller à la bibliothèque, expliqua-t-il. Je suis arrivé ici mais c’est un accident.
-Oh, je ne crois pas aux accidents !
Vous ne croyez pas aux accidents ?
C’était le truc le plus bizarre qu’il avait jamais entendu de sa vie.« 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *